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Ainsi vent vent vent…


    Avec Anouchka Vasak et d’autres

    rencontre animée par Laurent Le Gall


    Au fond, pourquoi parler du vent ? Le vent est là qui pointe ici ou là le bout de son nez. Cer- tains, parmi les plus anciens, se souviendront de l’espace poético-météorologique qui ouvrait, chaque dimanche soir d’avant Le Masque et la Plume, sur un monde illusoire : la « météo marine » nous rappe-lait incidemment que les météores pouvaient guetter et qu’il était bon, à Cromarty ou à Forth, de se tenir aux aguets. Dans Masse et Puissance, l’intellectuel insaisissable que de- meure Elias Canetti fit du vent, à l’instar des blés ou de la mer, l’un de ces symboles de masse qui animent les sociétés. Abbas Kiarostami, sans le savoir peut-être, en a filmé l’essence : Le Vent nous emportera (1999) est un remarquable moment où l’allégresse des éléments le dispute à la mélancolie des temps. De 1797, dont Anouchka Vasak nous la décrit comme une « année météore », l’on retiendra qu’elle fut d’autant plus révolutionnaire que les tempêtes s’employèrent à la balayer, comme si les éléments s’y mettaient pour rappeler aux êtres humains le dérisoire de leur vie et, en même temps, qu’il est encore possible d’inverser le cours des choses.

    Enfin, on se souviendra que le grand anthropologue britannique qu’est Tim Ingold a multiplié les expériences avec des cerfs-volants pour tenter de comprendre ce que l’atmosphère, un des impensés des sciences sociales, fait de l’individu et vice versa. Proposer une séance sur le vent, c’est tenter non de le circonscrire mais d’en entendre parler. Car si le vent a son langage, celui que les hommes lui ont donné, et ses images, celles que des cinéastes ont essayé de lui accoler, il a de précieux ce que Gaston Bachelard lui a attribué au même titre que l’eau ou le feu : la mise en mouvement de l’ordre des choses.

    Avec Marie-Pierre Planchon (France Inter) et la météo marine, Anouchka Vasak (maî- tresse de conférences en littérature), Jean-Loïc Le Quellec (anthropologue, auteur de Par vents et par mots), Benjamin Thomas (maître de conférences en études cinématographiques, auteur de L’Attrait du vent), un ingénieur des éoliennes.