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L’histoire à parts égales

    Romain Bertrand


    L’histoire des vainqueurs étant de plus en plus contestée, des historiens et historiennes ont cherché d’abord à écrire des contre-histoires, puis des histoires-monde, néanmoins encore filtrées par un regard euro-centré. Dans un champ en mouvement, bousculé par des approches décoloniales, une histoire écrite « à parts égales » voit le jour, comme Romain Bertrand, historien, spécialiste des dominations coloniales européennes en Asie, l’annonce dès le titre de son livre paru en 2011.,

    Il s’agit de sortir de l’oubli, autant que c’est encore possible, les contributions effacées de notre modernité. Dans son cas, faire réapparaître les modernités javanaise et malaise qui existaient aux premières rencontres aux 16e et 17e siècles avec des Européens, y compris la richesse de cet univers comprenant les échanges avec l’Empire ottoman, la Chine et l’Afrique.

    Étant donné que les oublis de l’histoire n’existent pas que dans une lointaine contrée considé- rée comme périphérique, mais aussi au sein de nos sociétés occidentales, elles-mêmes orientées par une perspective du centre à la périphérie, ce dernier aspect nous intéresse particulièrement. L’histoire bretonne est marquée par l’ensemble de ces réflexions, les navigateurs au long cours et l’oubli du bout du monde — Finisterre. Écrire « à parts égales » c’est aussi jeter un nouveau regard sur notre histoire locale.

    Quand et où ?